Butembo, retour au calme après une paralysie d’activités suite à l’assassinat d’un chauffeur de taxi

Vue d'une manifestation en Ville de Butembo
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Le calme est revenu cette mi-journée en ville de Butembo. Les activités ont été paralysées à partir de la matinée de mercredi 13 mai 2015 en ville de Butembo à la suite des barricades érigées dans plusieurs coins de la ville par des jeunes chauffeurs de taxi. Les manifestants s’insurgeaient contre la mort de l’un des leurs, poignardé par des hommes armés inconnus mardi 12 mai vers la soirée.

Il s'appelle Kambale Mashauri, ce chauffeur de taxi tué poignardé par des inconnus mardi soir en ville de Butembo. Il effectuait une course entre le centre-ville et Ngengere, l'ouest de la Ville de Butembo, vers 20 heures. Les assaillants ont tué la victime sans rien emporter d'elle. La moto ainsi que des traces criminelles ont été retrouvées par d'autres chauffeurs de taxi quelques heures après le crime. La victime sera mise en terre ce mercredi. Il s'agit d'un jeune chauffeur de taxi appartenant au parking dit de Makasi de l'Association des Taximen Moto et Voiture, ATAMOV et résident en Cellule Fatuma, au Quartier Centre Commercial en Commune Kimemi.

Pour protester contre cet assassinat, des manifestants ont brulé des pneus dans plusieurs coins de la ville pour immobiliser les passants. Cette paralysie ainsi connue dans la ville arrive alors que la Fédération des Entreprises du Congo, FEC Section de Butembo, a appelé à emboiter les pas aux populations de Beni en observant une journée ville morte ce mercredi 13 mai 2015. Cet appel est justifié, selon Polycarpe Ndivito président de la FEC Butembo, par le fait que c’est ce mercredi que les victimes des massacres de Beni seront mises en terre. La paralysie des activités causée par les manifestations des chauffeurs de taxi et autres jeunes de la ville a hasardeusement coïncidé avec l’appel de la FEC mais les deux actions se sont contredites par leur nature. Contrairement aux opérateurs économiques qui sont paisiblement restés chez eux, les chauffeurs de taxi ont jeté un trouble à l’ordre public en perturbant la circulation par des barricades et en exigeant des frais de passage aux passants.

Des événements sécuritaires qui mettent en danger l’économie de la région

Depuis le début des massacres en octobre 2014 et bien avant cela, pendant la période d’insécurité, les opérateurs économiques de la région de Beni-Lubero en ont payé les frais. Plusieurs activités commerciales notamment tournent au ralenti. Polycarpe NDIVITO, président de la FEC Butembo-Lubero explique que depuis 2012, l’on observe une forte baisse du taux d’importation des marchandises dans la région car les consommateurs deviennent de moins à moins nombreux. Les axes reliant les grands centres urbains ont été caractérisés par un banditisme sans précédent, indique par ailleurs le rapport de monitoring des violations des droits humains publié par GADHOP en décembre 2014. Pour l’instant, il est difficile d’effectuer des allers retours routiers entre Goma, Beni, Butembo, Kisangagi sans se faire, soit braquer ou kidnapper. Cette situation est aussi caillassée par un cout de transport aérien très élevés et des routes en impraticabilité indescriptible. Dans les campagnes, les récoltes sont moindres, la main d’œuvre ayant été terrifiée par l’insécurité dans ces coins. Il est donc temps que la classe commerciale se rende compte qu’elle est parmi les cibles des ennemis de la république qui ainsi, viennent  anéantir l’économie de la région.

Des actions non violentes du genre journées villes mortes devraient éveiller la conscience de tous les acteurs décideurs pour une solution durable contre les massacres en Ville et Territoire de Beni et l’insécurité dans certains coins du Nord Kivu.

Deogratias KAKULE SIKU

Communication, Droits Humains et Bonne Gouvernance GADHOP

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