Les infrastructures routières de la province du Nord-Kivu  font pitié et suscitent la peur

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Les routes de la RDC en général sont difficilement praticables. Pour la nationale Numéro 4, tronçon Butembo-Goma, les voyageurs font plus que 24 heures en routes alors que cela ferait une demi journée. Jerry KASEREKA, secrétaire permanent du GADHOP témoigne après avoir vécu lui-même ce phénomène difficile.  

La grande province en superficie (59 483 km²) et en potentialités économiques, culturelles, touristiques, n’a pas des routes dignes du prestige. En territoire de Lubero, depuis  la ville de Butembo jusqu’à Goma capitale provinciale distant  de 310 kms, il est difficile de parcourir cette distace en une journée. La route nationale numéro 4 d’utilité provinciale et nationale est en délabrement  total, sans entretien ni suivi de dirigeants politiques du Nord-Kivu.  Pourtant les carrières de sables et graviers sont exploitées partout le long de la même route.  A plus, la grande entreprise Office des routes existe dans la province avec des engins  disponibles et bureaux fonctionnels avec des agents payés par l’État congolais, malgré l’impraticabilité des routes.

Chose surprenante, les barrières dites de péage routes sont bien placées  au sortir de Goma à l’endroit dit OPRP, à Kiwanja, dans le territoire de Lubero, à Kiambogho à l’entrée de Butembo. La police de circulation routière est parsemée le long de cette route en délabrement sans  faire le vrai contrôle routier. Ces policiers n’attendent que le « fameux rapport » variant entre 1000 et 2000 francs congolais perçus à chaque véhicule qui passe.

Au pays comme en province, il n’y a pas de développement sans route. Les échanges commerciaux, les mouvements des populations sont un facteur d’épanouissement d’un peuple. Ainsi en empêchant la mobilité dans les affaires et le partage d’expériences, c’est l’économie de la province qui est en péril par le manque des routes dignes et non sécurisées. Ces mauvaises conditions n’attirant pas les investisseurs qui conditionnent leurs actions par un bon climat des affaires englobant, routes, sécurité,…

Les routes de desserte agricoles  sont aussi dans un  état pitoyable bien qu’elles soient sources d’approvisionnement agricole des marchés  des grands centres. Cet état  ramène petit à petit  à l’enclavement de ces zones pourtant  utiles à la province voire à toute la république. Des députés provinciaux et nationaux issus des zones Lubero, Butembo, Beni ville et territoire ne plaident pas pour l’amélioration des conditions de vie de leurs électeurs en obtenant la réhabilitation des routes pour une mobilité aisée des citoyens dans leurs province.

Cet enclavement maintiendra aussi  l’insécurité  et la précarité si rien n’est entrepris pour réparer ces routes car les passagers de nuit à la belle étoile, dans ces lieux des trous d’embourbement aux endroits dangereux sont exposés aux viols sexuels pour les femmes, aux maladies et autres conséquences  néfastes.

Le Groupe d’Associations de Défense et des Droits de l’Homme et de la Paix pousse un cri de détresse pour que l’Etat congolais réalise les droits économiques, sociaux et culturels tel que proclamés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)  qui ont pour but d’assurer à chacune et chacun la satisfaction de ses besoins de base et des conditions favorables à son épanouissement personnel. Ce sont les droits à l’éducation, au travail, à la sécurité sociale, à la santé, à la formation, la protection de la famille, des enfants. Ces droits impliquent une intervention de l’État.

GADHOP

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