La fin de l’aventure des groupes armés

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Après les M23, les FARDC préparent la traque des groupes armés

Lors de son périple dans les villes de l’Est de la République Démocratique du Congo, le président Joseph KABILA a été formel, après le démantèlement des M23, les jours sont comptés pour les autres groupes armés et le message à leur endroit est clair : « Ils ne vaincront pas le Congo, plutôt le Congo les vaincra » (Discours de Joseph Kabila à la population de Butembo dans la Salle, le 29 Novembre 2013).

Cette détermination du gouvernement de la RD Congo et l’engagement clair de la MONUSCO à poursuivre son appui aux troupes FARDC font déjà peur aux milices étrangères et locales : les Mai Mai se rendent par centaines et dans les maquis les mouvements des troupes s’observent et occasionnent déjà des déplacements des populations.

Devant cette situation, la question de plus d’un est de savoir comment ces opérations vont se passer et quelles conséquences prévisibles sont à craindre sur les populations du Nord Kivu ?

Des populations civiles toujours victimes innocentes !

Entre les déclarations de Joseph Kabila et de la MONUSCO et les réalités sur terrain, il faut dire que les choses vont très vite : le début de la semaine en cours a connu l’arrivée à Luofu des contingents militaires Tanzaniens. Ils viennent au Sud Lubero pour traquer les FDLR et les groupes Mai Mai. En conséquence, les FDLR s’agitent : tandis que les populations s’enfuient des milieux sous contrôle, ils veulent les retenir comme bouclier humain. Dans leur fuite, ceux qui sont ratrappés par les FDLR payent un lourd tribut, parfois jusqu’à la mort.

Selon le président de la Société Civile du Territoire de Lubero, déjà plus de 3000 personnes pour 500 ménages viennent d’arriver à Kanyabayonga. Elles veulent échapper aux attaques possibles des militaires Tanzaniens. Comme au Sud Lubero, les ADF/NALU s’agitent aussi, ils seraient en train de changer de zones d’occupation et tentent de créer d’autres camps à l’Ouest de la route nationale n°4 abandonnant ainsi la vallée de la Semuliki. Il faudrait les attaquer avant qu’ils ne consolident leurs nouvelles positions. Malheureusement, ils vont en zone beaucoup plus forestière où il sera difficile de les traquer. Là aussi, ce sont des centaines de cultivateurs qui seront obligés d’abandonner leurs champs. Une aide humanitaire devrait suivre le mouvement des troupes.

Si du vœu du Président cette guerre devrait être la dernière, il faut souhaiter que cette action humanitaire d’assistance aux déplacés au Nord Kivu soit aussi la dernière !

Place au développement

Les humanitaires ont sûrement du pain sur la planche, du Nord au Sud à Beni jusqu’à Luofu et Kanyabayonga, des milliers de déplacés vont arriver. Trop de magouilles vont également s’observer, mais il est temps que ces ONG se convertissent pour des actions de développement. A Goma comme à Bukavu, à Butembo comme à Beni, à Kisangani comme à Bunia, le temps est arrivé d’asphalter les routes qui relient ces villes non pas pour les véhicules des humanitaires, mais plutôt pour la circulation des hommes d’affaires, des marchandises et des machines pour l’industrialisation créatrice d’emplois durables.

Pour l’unité nationale et pour lancer le co-développement des provinces de l’Est de la République Démocratique, il est urgent de relier Kalemie – Bukavu – Goma – Butembo – Bunia – Kisangani par l’asphalte. Il faudrait également relier ces routes nationales aux pays voisins comme le Sud Soudan et l’Ouganda. Les routes-relais avec le Rwanda et le Burundi ne sont que des petits morceaux de routes dont les Gouvernements Provinciaux peuvent s’occuper.

Butembo, le 05 décembre 2013

Moïse KAMBERE KAYITAMBYA

Défenseur des Droits Humains

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