Nord Kivu : 02 octobre 2014, 02 octobre 2016 : 2 ans des massacres et loin de l’oasis pour les populations de Beni et Lubero

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    Affiche Paix, message manifestants du 13 aout 2016 à Butembo. Photo Deogratias SIKU/GADHOP
  • Photo des manifestants
    Des manifestants brandissant bandérole à Butembo. Photo Deogratias SIKU/GADHOP
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Depuis le 02 octobre 2014, les populations civiles de la partie appelée Grand Nord au Kivu (Territoire de Beni et Ville, Territoire de Lubero et Ville de Butembo) vivent des tueries sans précédent dont sont auteurs des hommes armés identifiés par l’armée comme des ADF.

2 ans après, les organisations de la Société Civile dont le GADHOP recensent plus de 3000 morts et disparus, des milliers des maisons incendiées et des villages effacés de la carte. La plupart des victimes sont tuées sauvagement à la machette, hache, houe, couteau et autres armes blanches avec une manière la plus inhumaine qui soit, dans une zone où est déployée la Brigade d’Intervention des Nations Unies appartenant aux unités de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo MONUSCO et plusieurs milliers des militaires des Forces Armées de la RDC, FARDC. 2 ans de massacres, 2 ans sans espoir pour des milliers des déplacés qui désormais vivent errantes entre le Nord Kivu et la Province de l’Ituri, d’autres encore ayant choisi l’Ouganda ou autres pays pour se soustraire de ces tueries. Nombreux ont perdu l’espoir de rentrer dans leurs villages dont ils gardent des souvenirs tragiques et affreux. Si les massacres de Beni n’ont pas jusque là encore mobilisé suffisamment toute la communauté internationale à la manière d’autres crises, nous continuons à en appeler au sens humains de tous pour une détermination collective à barrer la route à ce qui s’apparente à des attaques ciblées contre une communauté ethnique vivant dans le Beni Lubero, les Nande. Ces dernières années, grâce à des nombreux appels lancés par les organisations de la Société Civile, certains acteurs constituent des points d’espoir pour les communautés de Beni Lubero. La plupart des habitants de cette zone espèrent que le Pape a des capacités suffisantes pour influencer les chancelleries et obtenir une enquête internationale de la Cour Pénale Internationale afin que les victimes obtiennent réparation, étant donné que les nombreux appels des organisations de la Société Civile trainent à être entendu. Pour l’instant, les procès organisé au niveau national accusent certaines limites pour le moins évidentes. Pour l’organisation Lutte pour le Changement, LUCHA, il faut une vraie justice pour Beni qualifiant le procès actuel de « fictif ». Au cours d’une marche pacifique organisée à Butembo le premier octobre 2016, une dizaine des militants ont recommandés par un mémorandum par ailleurs que les massacres de Beni soient reconnus comme un génocide contre la communauté Nande, qu’un tribunal International spécial pour Beni soit mis en place et que la MONUSCO ainsi que les autorités congolaises fassent preuve davantage d’efficacité. Lire sur ce lien l’intégralité du mémorandum de la LUCHA Memo LUCHA Butembo 2 ans de massacres en Territoire de Beni

Un anniversaire célébré sur font des nouvelles attaques et tueries contre les populations civiles et d’inquiétantes déclarations ougandaises

2 ans après, les attaques sanglantes, meurtrières et cruelles n’ont pas cessé contre les populations de la région. Le 02 octobre 2016, des hommes armés présumés ADF ont attaqué une localité sur l’axe Mbau Kamango aux encablures du kilomètre 25. 3 personnes ont été tuées dont un chauffeur de moto taxi ainsi que ses 2 clients. Le 27 septembre 2016, une double attaque sur la route Beni Kasindi, dans la même zone a fait un mort et 4 blessés ainsi qu’un véhicule ACTROS incendiés, faisant une perte matérielle estimée à plus d’un million de dollars américains. Le chauffeur du nom de Paluku KAGHOMA Mohammed a été inhumé par sa famille en Ville de Butembo. Ces attaques sont survenues alors que la population attend la mise en application des mesures militaires d’éclater le commandement des opérations SOKOLA 1 en 2, un commandement basé à Eringeti, dans ce qui se surnomme triangle de la mort pour sa cruauté et un autre commandement basé à Nyaleke, non loin de Mughalika, la dernière base militaires ADF supposée détruite aux mois de juillet et aout. Au regard de tous ces événements, il se conclu que le calvaire des habitants de cette partie du Nord Kivu est loin de d’écrire son dernier chapitre. Par ailleurs, la dernière sortie médiatique connue comme annonce de la République Ougandaise sur une possible existence d’un groupe armé qui menace les intérêts ougandais plonge la population dans une nouvelle incertitude. Dans la zone, il est connu que les auteurs des massacres en Territoire de Beni proviennent pour la plupart de l’Ouganda, soit comme citoyens, soit en transit en provenance d’autres pays. Jamais ces suspects n’ont jamais menés des attaques en Ouganda. Que la République Ougandaise menace implicitement d’user de son droit de poursuite pour déployer ses troupes à l’Est de la RDC notamment en Territoire de Beni, la population y voit un plan caché. Entre 1997 et 2000, des troupes ougandaises ont contrôlé par l’entremise des rebellions du RCD Goma puis du RCD KML, le Territoire de Beni. La population locale garde encore le stigmate des traitements inhumains et dégradant que ces troupes y ont laissé : vol, pillage des ressources naturelles de la RDC, assassinats ciblés et autres violations des droits humains dont nombreuses victimes n’ont jamais obtenu réparation (Cfr procès RDC contre l’Ouganda à la Cour Internationale de Justice). L’annonce de la République Ougandaise, pour une population de la région déjà meurtrie et affligée par les massacres odieux et inimaginables vient à enfoncer les clous dans la plaie et interpelle toute la communauté internationale sur la menace qui pèse à nouveau sur les populations civiles de la région.

Il est souhaitable  de constater qu’au regard de tous ces événements, le gouvernement de la RDC affiche sincèrement la volonté de mettre fin à  cette précarité dans la quelle sa population est  mise par le fait de ce conflit armé persistant en Beni. Alors que le dialogue qui se tient à la Cité de l’Union Africaine semble privilégier une rallonge des mandats  des animateurs au pouvoir en violation de la Constitution, la question de Beni semble tomber de plus à plus dans les oubliettes.  Le droit  à la solidarité nationale et internationale traine aussi  à bénéficier suffisamment aux nécessiteux  de la zone, déplacés sans assistance adéquate.

Le GADHOP  encourage cette initiative des  enquêtes  annoncées  par   la CPI , pour  établir les responsabilités des  auteurs  et leurs auxiliaires  et   sollicite la coopération objective  du Gouvernement  Congolais dans ces enquêtes  pour  finalement  rétablir la paix tant attendue dans cette zone.

GADHOP

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