Pourquoi les élus du Sud Kivu se taisent-ils sur la question de Gatumba?

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(English version down french one) La fin du règne de Mubutu a été marquée par de graves irresponsabilités. Tandis que des rêveurs de l’Ouest Congolais continuent à oser faire croire au reste des Congolais que Mobutu a été meilleur dirigeant que le  régime actuel, ils oublient que le pays ne serait pas arrivé à ce stade de multiples trahisons dues aux rebellions sans objectif, au mal développement et à l’absence avérée de l’Etat pendant plusieurs années.

Dans quel autre pays du monde a-t-on vu une dictature qui clochardise ses militaires ? Dans les années 80-90 marquées par les revendications démocratiques et la Conférence Nationale Souveraine, nous pourrions errer çà et là à la recherche d’un compromis, sauf de voir nos frontières devenir des passoires aux armées étrangères de plus petits pays du monde.  Ce constant seul ne suffit pas pour illustrer l’irresponsabilité du régime de Mobutu ; il faut ajouter la désorganisation de l’administration, les destructions portées à l’économie par la confiscations des biens des étrangers par la zaïrianisation portant ainsi un coup dur aux relations de confiance avec tous les autres Etats du monde, etc.  Quel est ce pays qui veut se bâtir dans l’autarcie totale, sans ni les échanges ni les investissements externes ? Pour revenir sur la question du jour, signalons la gestion du pays comme un bien privé : comment comprendre qu’un Président ait déplacé la frontière du pays dans la vallée de la Ruzizi en offrant la zone de Gatumba à un président Burundais comme une ferme privée ?  A nos jours, le Burundi en a finalement fait une annexion dans le plus grand silence, et le bureau de l’Immigration a été reculé : scandale ! Aux dires des leaders locaux d’Uvira, toutes les réclamations sont restées lettres mortes.

Pourquoi le régime de Kabila et l’autorité provinciale du Sud Kivu gardent-ils le silence ?

C’est sur la route vers Goma pour l’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord – Cadre d’Addis-Abeba pour la paix dans la Sous- Région des Grands Lacs que je fais cette réflexion. Alors, en un tour de main j’ai remarqué beaucoup d’autres cas similaires sur nos différentes frontières : au Bandundu, les Angolais continuent d’occuper une partie du Territoire Congolais, au Bas-Congo notre pétrole continue à être aliéné par l’Angola, au Nord Kivu, l’Ouganda avait déplacé la rivière – frontière naturelle (Lubiriha) sur les montagnes sans suite du gouvernement Congolais malgré les rapports de la Société Civile. Si nous ajoutons à cela les innombrables questions sociales et de développement dont le gouvernant actuel ne fait aucun cas, la conclusion qui s’impose est que l’Etat Congolais n’existe pas encore. Ils peuvent se pavaner, chanter les cinq chantiers, … tout ce que le citoyen voit c’est le régime de cueillette qui se porte bien du sommet à la base : les détournements des fonds publics ne sont pas combattus et cette réalité explique le budget insignifiant de 9 milliards pour plus de 72 millions d’habitants et 26 Provinces dont le gouvernement bloque la décentralisation. 

C’est dire que depuis l’Indépendance, un comportement règne en maître  à la tête de l’Etat Congolais : l’indifférence à l’intérêt de la nation en faveur de la « Cueillette ». Voilà une hypothèse qui explique pourquoi même les dirigeants du Sud Kivu et ceux de Kinshasa  préfèrent laisser la question de Gatumba aux générations futures. C’est aussi cette attitude qui sacrifie les dignes fils du pays engagés contre toute force négative à sauver la nation comme s’ils nageaient en contre-courant qui sont les Lumumba, Laurent Désiré Kabila, Mamadu et BaumaAmbamba. 

Il est plus que temps que les leaders politiques de l’Est du pays mobilisent le pays entier pour la récupération de toute ressource et territoire dilapidé.

Fait à Beni, le 07 septembre 2014

Secrétaire Permanent

Why are the South Kivu deputies quiet on the question of Gatumba?

The end of the reign of Mubutu has been marked by serious irresponsibility. While dreamers of the west Congolese continue to dare to make the Congolese remainder that Mobutu was better leader believe that the present regime, they forget that the country would not have arrived to this multiple treason stage to rebelled them without objective, to the pain development and the absence proven to be of the state during several years.

In which other country of the world did one see dictatorship that makes tramp his soldieries? In 80-90 years marked by the democratic claiming and the Sovereign National Conference, we could wander here and there in search of a compromise, except to see our borders becoming strainers to foreign armies of smaller countries of the world.  This constant is not only sufficient to illustrate the irresponsibility of the regime of Mobutu; is it necessary to add the disorganization of the administration, destructions carried thus to the economy by confiscations of stranger possessions by the structural zaïrianisation a hard stroke to relations of confidence with all other States of the world, etc. What is this country that wants to build itself in the total autarchies, without nor exchanges nor the external investments? Let's signal the management of the country like a private property to come back on the question of the day: how to understand that a President displaced the border of the country in the valley of the Ruzizi while offering the zone of Gatumba like a private farm to a burundese president?  Nowadays, Burundi made an annexation of it, finally in the biggest silence, and the office of immigration was remote: scandal! According to the local leaders of Uvira all complaints remained dead letters.

Why do the regime of Kabila and the provincial authority of the South Kivu keep silence?

It is on the road toward Goma for the assessment of the implementation of Addis-Abeba Agreement for the Peace in the Under – Big Lake Region that I make this reflection. Then, I noticed a lot of other similar cases in no time at all on our different borders: to the Bandundu, Angolans continue to occupy a part of Congolese Territory, to the Bas Congo our oil continues to be alienated by Angola, to the North Kivu, Uganda had displaced the river – natural border (Lubiriha) on mountains without reaction of Congolese government in spite of reports of the civil society. If we add to it the innumerable social and development questions of which the present governing doesn't make any case, the conclusion that we lead is that Congolese state doesn't yet exist. They can strut about, to sing the five yards,… all what the citizen sees is the regime of picking that goes well from the summit to the basics: public fund diversions are not fought and this reality explains the petty budget of 9 billion for more of 72 millions of inhabitants and 26 Provinces whose government blocks decentralization. 

Note that since the independence, a behavior reigns in master to the head of state Congolese: indifference to the nation interest in favor of the "Picking ". There is a hypothesis that explains reason even leaders of the South Kivu and those of Kinshasa prefer to abandon the question of Gatumba to the future generations. It is also this attitude that sacrifices the worthy sons of the country hired against all negative strength to save the nation as if they swam in apposite of the Lumumba, Laurent DésiréKabila, Mamadu and Bauma Ambamba. 

It is time that the political leaders of the East of the country mobilize the whole country for the recuperation of all resource and dilapidated territory.

Makes to Beni, September 07, 2014

Moïse KAMBERE KAYITAMBYA

Permanent Secretary

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