RDC : la guéguerre de la double nationalité dévoile des violations graves de la Constitution par une classe politique privilégiée

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Pendant cette période des turbulences politiques et sécuritaires énormes dues à la fin des mandats de toutes les institutions du pays, des frères ennemis, hier amis dévoilent au grand jour leur scandale de violeur en premier des textes qu’ils sont censés respecter et faire respecter.
La fameuse question de la double nationalité des politiciens Congolais de la Majorité Présidentielle et de l’opposition constitue actuellement un champ de règlement des comptes entres ces acteurs. Les politiciens se règlent les comptes les uns aux autres, ils se nuisent selon les intérêts d’un camp à un autre en utilisant cette question de la double nationalité, en faisant fi des vrais problèmes de la société.
Force est de constater qu’un plus grand nombre des politiciens Congolais ont des doubles nationalités.
Mais dans toute cette cacophonie, il faut rappeler que la constitution de la RDC tranche sans ambiguïté cette question en son article 10 qui dispose : «La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre.
La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle. Est congolais d’origine toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituèrent ce qui est devenu le Congo (RDC) à l’indépendance».
Il est de droit que tous ces ministres et autres politiciens actifs et non actifs devraient être sanctionnés pour cette jouissance à la double nationalité en violation de la constitution de la RDC. Il est important qu’au stade actuel les responsabilités soient établies pour sanctionner ceux qui ont permis pareille dérive et les sanctionner. Le comble est qu’au stade actuel, même parmi les dirigeants encore aujourd’hui en poste, nombreux seraient détenteurs de nationalité concurrente à celles de la RDC et cela dans toutes les institutions de la République.
Les revendications populaires ont forcé les politiques à se dévoiler
C’est dan une lutte acharnée pour tenter de conquérir la confiance du peuple que les politiques s’attirent la couverture en ce moment où il se joue plusieurs scénarii. La population elle ne revendique qu’une chose, , le retour à la légalité selon les prescrits de la constitution que les autorités avait juré de respecter et d’en faire respecter le contenu. Face à un peuple impuissant, une classe politique usée mais enrichie par le pouvoir fait mine de se préoccuper de la question de la double nationalité mais pourtant de manière discriminatoire. Il reste impérieux que pour se révéler justes et objectives, les politiques actuels fassent une purge générale des déchiqueteurs de la nationalité une et exclusive congolaise.
La revendication du peuple et des acteurs politiques restés en marge de la gestion politique de la République pendant les 2 mandats constitutionnels passés, rencontre une répression sans pareille et une tension entre les deux camps, pas nécessairement majorité contre opposition, mais un face à face entre ceux qui ne veulent pas quitter le pouvoir et les partisans des élections comme moyen pour renouveler les institutions en place.
Parlant du social, il se dégage une tendance à penser seulement aux conditions de vie des d’une élite au détriment de tout le peuple congolais et de ses employés.
Tous les congolais ayant droit à un emploie prometteur d’un salaire décent, un niveau de vie humain, toutes les couches, l’Etat se doit de prendre ses responsabilités.. Il est donc important de ne pas focaliser l’attention seulement sur une élite, mais à tous les autres pour mieux faire face au désarroi dans le quel se trouve une grande majorité de la population congolaise.
L’activisme des groupes armés, un autre faux fuyant
Partant de l’activisme des groupes armés, l’opinion est tentée de croire à une indifférence des dirigeants actuels à trouver des vraies solutions, des réponses adaptées à la crise.
Pendant que depuis plus de 20 ans les FDLR, les ADF, les LRA commettent des violations graves des Droits Humains sur les populations congolaises d’autres groupes armés locaux voient le jour en Territoire de Beni, Rutsuru, Walikale, Masisi Lubero au Nord Kivu. Ces groupes armés désormais se relayent le contrôle des villages pour pérenniser la désolation dans ces Zones longtemps victimes de l’insécurité. Les tueries, les kidnappings, les pillages, les travaux forcés suivis d’actes des tortures, l’imposition des taxes illégales, l’implantation des barrières illégales dans les zones sous contrôle et les déplacements massifs des populations dus aux multiples attaques entre miliciens et FARDC, miliciens entre eux, deviennent une pratique courante qu’endure la population abandonnée à son triste sort, pendant que les tenants du pouvoir sensés mettre fin à cette situation nagent dans l’opulence à KINSHASA. La similitude entre les scènes des événements tragiques entre plusieurs provinces de notre pays donne une matière à réflexion : massacre à Beni, massacre à Fizi, massacre au Kasaï (Kamuena nsapu), massacre en Territoire de Lubero (Miriki, Luhanga, etc ….), évasions des prisons ça et là, l’activisme des groupes armés, en Territoire de Lubero, en Territoire de Walikale, Territoire de Rutshuru, en Territoire de Fizi, au Katanga ( Kalemi-Tanganyika) sont des signes qui ne trompent pas.
Dénoncer malgré les menaces
Des millions des congolais sont victimes de cette impasse. Plus de 2 millions de déplacés de guerre à travers le pays, contre des non déplacés incapables de vivre mieux dans leur jeunesse, vieillesse faute de travail, de sécurité et de situation économique et politique stable. Pourtant un évident échec des détenteurs d’obligations à réaliser, respecter et protéger les droits humains, il est toujours problématique de dénoncer. Les répressions des manifestations d’expression libre des citoyens sont nombreuses à travers le pays, les menaces contres les Défenseurs des Droits Humains qui dénoncent ces violations ne sont pas du reste. Quoi qu’il en soit, au regard de ce qui précède, il y a lieu d’affirmer avec la CENCO que l’heure est grave et qu’il est temps de se réveiller. Ainsi des recommandations suivantes sont émises à la classe politique actuelle:
– De favoriser un climat propice pour des élections pouvant permettre au peuple de se doter des dirigeants de leur choix en réalisant ainsi;
– la vision et les attentes aux élections en décembre 2017 ;
– Pacifier le pays au plus vite possible et permettre à la population de reprendre un cours normal de vie ;
– Que les auteurs des violations graves des Droits de l’Homme soient recherchés et répondent de leurs actes devant une justice crédible et distributive.

Par Jérémie KASEREKA
Secrétaire Permanent du GADHOP

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