RDC : La Province du Sud Kivu donne l’exemple de la solidarité avec les habitants de Beni Lubero en décrétant une journée ville morte ce Vendredi 20 mai 2016.

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Pourtant ne partageant aucune limite avec la zone touchée par les massacres, connaissant la douleur de ces atrocités, les habitants du Sud Kivu prêchent par l'exemple en interpelant toute la communauté nationale à se rallier derrière le Grand Nord Kivu pour condamner les massacres à travers des journées ville morte.

Le Sud Kivu n’est que l’une des Provinces de La RDC qui a connu aussi comme le Nord Kivu, depuis 1994, des violences orchestrées par des rebelles étrangers ou locaux agissant avec le soutien de l’étranger. Sa solidarité manifeste avec les populations du Grand Nord n’est pas un fruit du hasard. Les deux peuples ont affiché une résistance acharnée depuis 1998 contre l’occupation. L’un des grands résistants, le très nationaliste ancien Archevêque de Bukavu, Emmanuel KATALIKO en aurait payé pour sa vie. C’est un originaire du Diocèse de Butembo Beni où sont connus de pleins fouets ces massacres.

 

L’exemple de Bukavu est aussi un acte de reconnaissance au courage et à la générosité des populations de Butembo Beni Lubero

 

En 2008, lors du tragique séisme qui avait fait au moins 43 morts à Bukavu, des nombreux dégâts matériels et des blessés, la Ville de Butembo, dans le Grand Nord, avait collecté plusieurs tonnes des dons en destination de la Ville de Bukavu. Une forte délégation des femmes et des hommes toute tendance confondues, avaient bravé l’insécurité du Parc National des Virunga en convoyant les dons collectés en faveur des sinistrés de Bukavu. Bien avant cette année et sans doute jusqu’à nos jours, nombreux opérateurs économiques du Sud Kivu et notamment de la Ville de Bukavu reconnaissent en la ville de Butembo dans le Grand Nord Kivu, un rempart important pour l’approvisionnement de la Province du Sud Kivu en produits manufacturés importés de l’Asie. S’attaquer à cette région, s’est s’apprendre aussi au Sud Kivu, peut-on remarquer.

 

Nécessité d’une consécration d’un deuil national

 

Depuis plusieurs mois déjà, la Société Civile dont le GADHOP ont appelé les autorités nationales à décréter un deuil national et prendre des dispositions qui s’imposent pour rassurer les populations meurtries de Beni Lubero en proie à une insécurité et une cruauté qui ne dit pas son nom. Des crimes les plus cruels de l’histoire des peuples de cette région sont commis depuis 2 ans : des femmes enceintes égorgées, éventrées, puis des cadavres des bébés attachés sur les seins des cadavres de leurs mères, cadavres mutilés, machettes, hachés et ou les mains et les pieds liés, brefs, des images d’horreur qui ne rappelle aucune scène de ce genre à travers le monde. « C’est une première fois de ma vie que je vois de gens subir une mort si atroce. C’est une honte pour la République. Nous devons arrêter ça » avait reconnu un officiel en visite de compassions dans la zone en novembre 2014 mais qui en avait payé pour son poste pour avoir fait cette déclaration.  

« Après le Sud Kivu, nous attendons le tour des autres provinces, surtout les plus voisines comme l'Ituri qui aussi est pourtant touché, très touché même et l'avenir est peu rassurant, selon certains spécialistes de la sécurité dans la région » a confié un cadre de la Société Civile de Butembo. Des auteurs des massacres dans le Nord Kivu seraient entrain de s'infiltrer dans l'Ituri pour y commettre les mêmes forfaits dans l'avenir. Ils en ont déjà donné le go par les attaques de la semaine dernière, samedi 14 mai 2016 en tuant au moins 4 civils à Irumu. Restons solidaires contre ces violations graves des droits humains.

GADHOP

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