Relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC : quel avenir face à l’agression dont l’Est de la RDC est victime ?

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Relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC : quel avenir face à l’agression dont l’Est de la RDC est victime ?

Depuis  avril 2012 une nouvelle rébellion dite du M23 sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Trop vite démasquée par la MONUSCO (Mission de l’ONU en RD Congo) et des organisations de la Société Civile dont Human Rigths Wach comme étant plutôt  créée par le Rwanda, la thèse d’une rébellion interne a été écartée au profit de la reconnaissance, par les Nations Unies,  de l’agression de la RDC par des pays tiers, le Rwanda de Paul Kagamé et l’Ouganda de Yoweri Museveni.

Tout bon lecteur reconnaîtra que depuis l’existence du CNDP (Congrès National pour  la Défense du Peuple) sur la cendre duquel ce nouveau mouvement est né la Société Civile de la RDC n’avait cessé de dire qu’il s’agissait ni plus ni moins d’une agression par le Rwanda. Il a fallu la compassion des experts des Nations Unies, qui auraient par ailleurs glissé frauduleusement leur rapport à BBC, pour que la Communauté Internationale se sente obligée de reconnaître tout haut ce qu’elle cachait depuis longtemps ! Car les intérêts qui dirigent le monde, mêmes les Nations Unies, resteront ailleurs que la paix entre les nations tant le capitalisme règnera, ou simplement tant que les anglo-saxons (Etats unis et Grande Bretagne) maîtriseront le monde.

D’abord localisée dans le Territoire de Rutshuru, après son échec dans les Territoires de Walikale et de Masisi où il a subit la puissance de feu des FARDC, qui donne un accès facile au Rwanda et à l’Ouganda par les postes frontaliers de Ishasha et de Bunagana ainsi que par le Parc transfrontalier des Virunga, les hommes du M23 avec l’appui du Rwanda et de l’Ouganda, ils ont osé le coup fatal sur la ville de Goma. Cette dernière est tombée entre leurs mains dans la nuit du dimanche du 25 au lundi 26 novembre 2012.

Les ambitions démesurées d’un certain leadership Tutsi

Depuis la rébellion du CNDP, les Congolais ont commencé à réfléchir par deux fois avant de prendre position sur les revendications des rébellions récidivistes du Kivu. En effet, tout le monde avait pensé que les Accords de Sun City, qui avaient abouti sur un gouvernement d’union nationale et sur des élections démocratiques après avoir accordé collectivement la nationalité à la Communauté Tutsie Congolaise, avait résolu le problème de la cohabitation pacifique des peuples du Kivu.

C’était sans compter que derrière la question de la nationalité se cachait l’attrait pour le pouvoir et des ambitions territorialistes. Des tracts avaient circulé dans le pays sur ces visées fallacieuses pour mettre en garde les autres  populations du Kivu, mais il semble que la leçon n’a pas été vite tirée. Car encore aujourd’hui certains leaders politiciens continuent à s’aligner derrière le front armé de Kagamé.

Pour preuve, même les rangs du M23 regorgent des hommes du Sud Kivu et du Nord Kivu. Quelle confusion parmi le peuple ? Pour les Territoires de Beni et de Lubero, ce fief du peuple Nande, les hommes du RCD – KML se sont retrouvés dans les combats de Goma. Et croire que pour avoir été témoin de la prise de Goma, ce sont plutôt des Tutsi qui sont venus en masse de tous les coins du Rwanda pour venir prendre des postes dans l’administration de la ville ! Il fallait les voir forcer la porte de la Mairie de Goma, il fallait les voir venir ouvrir les bureaux de la DGM ou de l’OFIDA avec arrogance au grand dam des agents qui n’ignoraient rien de la nationalité de ces nouveaux patrons, il fallait les voir piller les véhicules, s’enivrer jour et nuit dans les bars de la ville, … Qui les délivrera de leurs mauvais leaders ?

En effet, ce peuple vit sous le poids d’une idéologie de leur supériorité sur les ethnies bantou qu’il doit diriger de facto. Ce rêve est également soutenu par le soutien des Etats Unis et de la Grande Bretagne, ce qui leur fait dire « qu’ils n’échouent jamais ! », s’égalant ainsi à Dieu.   Ceci a expliqué que certains militaires et politiciens Tutsi ont salivé dans la bouche des autres peuples et se sont adonnés à d’autres pratiques les plus humiliantes comme les violences sexuelles, l’obligation d’ôter les sandales à l’approche de leurs barrières, …

En se comportant de cette façon, ignorent-ils qu’ils s’exposent à la haine des autres ? Heureusement que les citoyens Congolais n’ont pas cédé à la tentation de la vengeance. En cela, les sensibilisation à la cohabitation pacifique des ONG des droits humains ont porté du bon fruit, et nous pouvons nous réjouir de cette réussite. Mais jusques à quand cette tolérance durera-t-elle ?

La tolérance, jusques à quand ?

Avant même de se poser la question des relations bilatérales entre le Rwanda et la RDC, la vraie question est celle-là : « Jusques à quand mon peuple se résignera-t-il devant la souffrance » ?

Non, mon peuple ne s’est pas résigné, il a développé une grande âme. C’est de la noblesse que de comprendre qu’au 21e siècle, ce n’est plus par la force des armes qu’il faut s’imposer aux autres peuples.  A la jeunesse de Beni-Lubero, le GADHOP a enseigné l’apprentissage des métiers pour créer la richesse. Plus loin de nous, la Suisse s’est forgé une place sous le soleil  par les grandes idées de paix ou de la non violence qu’elle nomme la neutralité.   Dans l’entre-temps, elle a créé sa richesse.

De même, mon peuple doit éviter de tomber dans le piège de la haine interethnique et du génocide. Il n’y a pas de peuple supérieur, nous sommes tous égaux ; il n’y a pas d’étrangers, mais il y a une administration à mettre en place et le co-développement des peuples à imaginer. Le commerce ne connaît pas de race et nous avons besoin de bonnes relations avec les autres peuples du monde pour échanger et réussir notre propre développement.

Quel avenir des relations entre le Rwanda et la RDC ?

En vérité cette question est vide de sens. Car, le peuple Rwandais dans son ensemble n’a pas de problème avec les Congolais. Toute la question se pose en termes de leadership politique actuel aussi bien au Rwanda qu’en RDC. Il s’agit de se poser la question de savoir jusques à quand le peuple Rwandais pliera sous le poids de la dictature de Kagame pour ce qui est du Rwanda, et jusques à quand l’autorité Congolaise comprendra qu’il faut cesser de crier son mal devant la Communauté internationale qui n’existe même pas.

Kagame et Museveni se sont donnés comme mission de réaliser le rêve d’un empire Hima – Tutsi en grignotant sur le vaste Territoire Congolais ; ce qui est une erreur monumentale, car ils ne réussiront pas en RDC ce que les Américains ont réussi au Soudan. Pour les Anglo-saxons (Américains et Anglais) qui les soutiennent il s’agit de retarder cette puissance économique Africaine qui serait de trop dans le concert des nations. Ces impérialistes savent tout le mal qu’ils n’ont cessé d’infliger à l’Afrique qui décolle inexorablement contre leur volonté. Ils en jugent eux-mêmes et se rendent compte de l’évidence : l’Afrique puissante se liguera avec la Chine ou l’Orient contre les intérêts de l’Occident longtemps prédateur et raciste. Face à cette évidence, ils ont choisi de passer par les minorités en mal de positionnement dans l’Afrique démocratique pour brouiller les cartes ; réussiront-ils à faire reculer l’Afrique qui par ailleurs connaît son siècle des lumières ? Oui, pour l’Afrique aussi, l’homme blanc prodige appartient au passé, sauf pour Kagamé et Museveni.

Joseph Kabila a été formé à l’art de la guerre par les généraux Rwandais et Ougandais et ne sait pas se libérer de cet aura. Qui lui fera comprendre qu’il est devenu le chef d’un Etat Souverain, surtout du pays de Lumumba dont son père était le Secrétaire, et qui doit se libérer du joug de l’impérialisme pour décoller ? Tout le problème de la RDC est là : le peuple a reconnu le piège du génocide et prend son mal en patience en portant la lutte sur le plan des idées, notamment le débat démocratique que ne peut soutenir ni les Ougandais ni les Rwandais encore obnubilés par leurs dictateurs, les dirigeants sont restés esclaves des Nations Unies et des négociations interminables piégées par les Etats Unis et la Grande Bretagne à travers leurs spécialistes en médiation des conflits.

Conclusion

Tout compte fait, les relations bilatérales entre ces deux nations pourront encore souffrir quelques années, mais elles seront radieuses par la volonté et la force des événements.

En effet, sans compter la proximité et l’interdépendance économique vécues au quotidien entre les peuples de l’Est de la RDC le GADHOP ne peut cesser d’attirer l’attention de tous sur les richesses communes que les pays de la Sous Région des Grands Lacs doivent exploiter en partenariat. Entre le Rwanda et la RDC, nous avons le Parc National des Virunga, la Ruzizi et le Lac Kivu  tandis que l’Ouganda et la RDC ont en partage le Lac Edouard, les Monts Ruenzori, le parc des Virunga  et le Lac Albert. Pour la protection de ces patrimoines communs, ces pays doivent collaborer pacifiquement. Pour ne donner que cet exemple, les guerres du Kivu ont réduit le troupeau des gorilles dont le Rwanda tire des grands bénéfices.

Pour impulser le co-développement entre les pays de la Sous Région des Grands Lacs Africains, Il y a un travail à faire : libérer le Rwanda et l’Ouganda de ses faux libérateurs (Etats Unis et Grande Bretagne) et les pousser à la démocratie et il faut sauver Kabila ainsi que quelques autres politiciens Congolais comme Mbusa Nyamwisi de la tutelle Rwando-Ougandaise pour les tourner vers les intérêts de leur peuple qu’ils sacrifient à trop obéir aux diktats de la fausse « Communauté Internationale ».

Butembo, le 04 décembre 12

Moise KAMBERE KAYITAMBYA

Secrétaire permanent du GADHOP

 

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